Je comptais retourner au Burkina début juin, mais je suppose que cela ne se produira pas. Les écoles primaires et secondaires du Burkina n’ouvriront que le 1er juin après plusieurs changements. Cette rentrée est réservé aux étudiants en année d’examen.

Je vais donc essayer de vous donner quelques nouvelles de la situation au Burkina via les personnes travaillant au Burkina.

Cette semaine: Fidel (chef des travaux)

Fidel

«Le Burkina Faso, comme les autres pays du monde, n’est pas épargné par le Covid-19. Nous sommes actuellement près de 750 cas positifs signalés. Cela a conduit à la mise en œuvre de mesures dites de barrière pour arrêter ou ralentir la propagation de la maladie. Entre autres, nous avons la limitation des contacts, la désinfection des mains et le port systématique de masques. Cette situation a des conséquences à la fois sur l’économie burkinabè et sur la vie sociale des populations.

Au lycée agricole privé (LAP) où je travaille, notre activité principale qui est l’enseignement des pratiques agricoles aux élèves est arrêtée. Tous les enfants étant rentrés avec leurs familles, nos permanents sont responsables du suivi des activités de jardinage initiées par les élèves et s’occupent également des différents animaux au sein du LAP.

Culture des oignons

Elevage dess porcs

Le LAP étant situé en milieu rural, on se sent plus en sécurité par rapport à la grande ville (Bobo-Dioulasso) à 50 km. Les contacts sont plus limités et nous avons la liberté de mouvement dans l’enceinte, contrairement à la ville où nous sommes plus confinés. Lorsque nous avons l’occasion d’aller en ville, à notre retour nous nous mettons en quarantaine pendant 48 heures afin d’éviter une éventuelle contamination des collègues. Dans l’ensemble, l’apparition du Covid-19 nous a amenés à changer notre mode de vie et à être assez dépendants les uns des autres. De plus, comme le gouvernement n’a pas une grande opportunité d’assurer une ouverture certaine des classes, le reste de l’année scolaire est préoccupant. Pour garder nos étudiants dans la dynamique des études nous leur envoyons des exercices qu’ils nous renvoient. Nos enseignants qui dépendent davantage des heures supplémentaires font face à une diminution substantielle de leurs ressources financières. Pour le moment, nous essayons de nous adapter à la vie avec la pandémie, car nous ne pouvons pas rester confinés en permanence.

Nouvelles sur la production de masques

Depuis fin mars, nous avons demandé à l’association ABF de produire des masques de protection au lieu de la protection lavable pour les menstruations.

ABF produit désormais 250 masques par jour. Ces masques sont distribués d’abord à notre personnel, puis pour couvrir les besoins des enfants qui fréquentent le Lycée Agricole Privé et son personnel. Ils seront également distribués aux femmes villageoises (voir plus loin) et le personnel médical rural.

Masques

Le matériel utilisé pour produire les masques est le coton serré, le même tissu que les femmes utilisent pour faire des robes. En raison des couleurs vives, les gens semblent avoir moins de problèmes pour les porter.

Le modèle des masques provient de l’association américaine Days for Girls. Il couvre bien la bouche et le nez.

En France, aux Pays-Bas et aux États-Unis, nous avons lancé des campagnes de financement afin que nous puissions fournir les masques gratuitement ou subventionnes aux villageois.

N’hésitez pas à contribuer à ces campagnes 

Pour les Pays Bas a travers le site de ASAP

Pour la France a travers A Petits Pas

Pour les US  à travers global giving site

L’association néerlandaise « Wilde Ganzen » double les fonds collectés aux Pays-Bas. Ces fonds seront destinés à fournir des savons et des masques aux femmes qui vont en consultation dans leurs centres médicaux ruraux.

Nous prévoyons aider plus de 2 500 femmes avec ce projet. Cela leur donnera la possibilité d’aller au marché et de se laver les mains en famille.

Dictons de la semaine Albert Camus (La Peste)

“Ah ! Si c’était un tremblement de terre ! Une bonne secousse et on n’en parle plus… on compte les morts, les vivants, et le tour est joué. Mais cette cochonnerie de maladie ! Même ceux qui ne l’ont pas la portent dans leur cœur. »

« Pour le moment, il voulait faire comme tous ceux qui avaient l’air de croire, autour de lui, que la peste peut venir et repartir sans que le cœur des hommes en soit changé. »

Restez en bonne santé,

Hervé

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