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Être loin du Burkina pendant longtemps n’aide pas à collecter des informations et à avoir mon propre ressenti sur la situation là-bas. Les réunions physiques sont encore très nécessaires. J’espère que je pourrai y aller sous peu..

Réunion avec les femmes de Sissa

Réfugies / personnes déplacées / migrants

Au Burkina, les mouvements de population sont nombreux. Dans un autre blog j’ai déjà parlé des réfugiés du Mali (environ 30 000) et des personnes déplacées en raison de la violence (plus de 1 000 000).

Ensuite, il y a le mouvement des personnes en raison de la situation économique. Cela concerne principalement les jeunes enfants et les hommes.

Même si le nombre d’enfants par femme est passé de 7 en 1980 à 5 en 2018, les familles ont encore de nombreux enfants.  Dans les zones rurales, les familles ont du mal à subvenir aux besoins de tous ces enfants.

Beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école. La violence dans le Nord a contraint les autorités à fermer de nombreuses écoles. On estime que 300 000 enfants ont manqué l’école en 2020. De plus, le gouvernement a dû fermer les écoles pendant plus de 3 mois en 2020 en raison de la pandémie de Covid.

Awa de Sissa avec ses jumeaux (une fille et un garçon)

Pour beaucoup de ces enfants, il y avait déjà peu de motivation pour aller à l’école. Il sera difficile de les y ramener. Les parents ne sont pas non plus motivés lorsqu’ils voient le manque de résultats de leurs enfants scolarisés. Dans les zones rurales, moins de 1% des enfants qui ont commencé l’école primaire obtiennent l’examen de fin du secondaire.

Que font ces enfants non scolarisés? Rester dans les villages n’est pas vraiment une bonne solution pour un développement économique. Ce faisant, vous devenez esclave de votre père en étant forcé de travailler ses champs et en obtenant uniquement de la nourriture et un logement.

Certains seront recrutés par les terroristes ou deviendront des voleurs. Certains iront aux mines d’or  (dès l’âge de 12 ans) qui est un travail très dangereux où seuls quelques-uns réussissent. Certains très jeunes enfants (à partir de 5 ans) sont «vendus» par leur famille à un marabout (peu scrupuleux) avec la promesse d’une éducation. En réalité les enfants sont obligés à mendier dans les villes, à travailler dans les fermes du marabout ou encore passés en contrebande en Côte d’Ivoire voisine pour travailler dans les plantations (cacao, bananes).

Enfin des jeunes hommes partent en Côte d’Ivoire pour chercher du travail . Beaucoup d’entre eux sont exploités. Il y a aujourd’hui plus de 1.500.000 Burkinabé en Côte d’Ivoire. Certains sont bien établis mais de nombreux nouveaux migrants sont dans une situation très difficile.

Un meilleur système éducatif, un développement économique, une meilleure planification familiale, une diminution du terrorisme, beaucoup de choses doivent arriver pour changer la situation.

Jardin avec des aubergines locales

Que fait ASAP (et ses partenaires) face à cette situation?

ASAP est actif dans 12 villages représentant environ 16 000 personnes.

Pour aider les enfants de ces villages, ASAP travaille sur trois sujets:

  • Éducation: soutien de 6 écoles maternelles, construction et soutien d’écoles primaires avec programme de repas et livres, recrutement d’élèves (surtout dans les « villages d’ASAP ») pour le Lycée Agricole Privé (LAP) créé par ASAP en 2011.
  • Planification familiale: Pour aider à diminuer le nombre d’enfants par femme, ASAP donne des présentations sur l’éducation sexuelle dans les villages.
  • Développement économique: Pour aider les parents à payer des études à leurs enfants mais aussi offrir un avenir à certains des enfants qui resteront au village, ASAP aide les villageois à développer des activités génératrices de revenus comme l’apiculture, le jardinage, le micro crédit pour les femmes.

Récolte de miel á Nefrelaye en Avril 2021

En 2020, nous avons commencé le recrutement d’enfants issus de familles de réfugiés pour le LAP.

De toute évidence, ces actions sont très modestes par rapport à l’ampleur des problèmes au Burkina Faso. Mais nous croyons en notre approche, en espérant qu’elle sera copiée par d’autres.

La principale limitation est la disponibilité de fonds pour développer de nouvelles activités et/ou copier celles qui ont réussi dans de nouveaux villages.

Nouveaux porcelets (Large White) au LAP

Citations de la semaine

«Premier principe: ne jamais se laisser abattre par des personnes ou par des événements.»  -Marie Curie

«Le courage est la résistance à la peur, la maîtrise de la peur – pas l’absence de peur.» Mark Twain

J’espère que vous restez en bonne santé,

Hervé

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